Racontée par le Père Laurent Sentis, directeur des Etudes
Aux alentours des années 1920, le diocèse de Fréjus-Toulon dispose, comme tous les diocèses de France, d’un séminaire diocésain ; il est installé à la Castille. Il n’a jamais eu un grand nombre de séminaristes et doit fermer ses portes en 1959. Mais il prend un nouveau départ en 1983.

Une décision de Monseigneur Joseph Madec
Dans les années 1960-70, la tendance générale en France est de constituer des séminaires interdiocésains. L’idée semble bonne en soi, mais dans la pratique elle se heurte à un problème épineux : celui du gouvernement d’une institution soumise à plusieurs évêques. Celui qui n’est encore que le père Joseph Madec a fait l’expérience de cette d
ifficulté et estime que le bon fonctionnement d’un séminaire exige qu’il dépende d’un seul évêque. Devenu évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Joseph Madec, fort de cette conviction, décide la réouverture du séminaire diocésain en faisant confiance à la Providence pour trouver des candidats et un encadrement. Il demande au père François Bouttin de créer, pour débuter, une année de Propédeutique.
La mise en place d’une équipe animatrice
Le premier souci, du nouveau supérieur, est de chercher des pères spirituels et d’inviter
les séminaristes à bien enraciner leur vocation dans l’oraison. Il doit aussi constituer un corps professoral digne de ce nom. Il estime, à juste titre, qu’un séminaire diocésain doit proposer des cours de qualité : cela impose de faire appel autant que possible à des spécialistes dans chaque discipline. Comme il ne trouve pas facilement ces spécialistes sur place, il n’hésite pas à faire venir
des professeurs pour des sessions d’une semaine. Il repère, aussi, des séminaristes capables de devenir professeurs à leur tour et les envoie se former dans différentes universités. Devenu supérieur en 1994, le père Philippe Le Pivain bénéficie de ces efforts et veille au maintien et au développement du corps professoral. Tout ceci étant mis en place il a pu se préoccuper de la question suivante : comment aider les séminaristes dans leur travail personnel ?
Soutenir le travail intellectuel
- Le premier effort est d’éviter la trop grande dispersion des cours. Le système des sessions demeure nécessaire, mais la formule la meilleure semble être celle du cours de deux, trois ou quatre heures hebdomadaires pendant tout un semestre. Le séminariste peut alors répartir son attention sur uniquement cinq ou six matières.
- Notre deuxième effort est de programmer des devoirs écrits et des exposés oraux. Mais en raison des capacités différentes de nos étudiants, il faut moduler ces travaux. Il faut également personnaliser les soutiens. C’est ainsi qu’est mis en place le tutorat. Un tuteur pour chaque séminariste, chargé de le suivre et de l’aider dans l’organisation de son travail. Enfin un effort est fait pour limiter certaines tendances au “bachotage” lors des examens semestriels car l’esprit n’est pas celui de compétition mais de vérifier que l’essentiel du cours est retenu et que l’enjeu du cours, pour la pastorale, est perçu.
Une théologie pour l’évangélisation
Le nouvel évêque Monseigneur Dominique Rey a à cœur de prolonger et d’amplifier ce qui a été entrepris par son prédécesseur. Il n’hésite pas à ouvrir largement le séminaire aux candidats des communautés nouvelles. Le souci de père Arnaud Adrien, le nouveau supérieur, est de maintenir une unité entre des groupes assez divers. Il y parvient en accentuant la dimension spirituelle et apostolique. Mais l’exigence intellectuelle n’a pas diminué. Un certain style semble caractériser notre « studium » un solide enracinement dans la tradition, une grande docilité vis-à-vis du magistère, une attention aux problématiques contemporaines et tout cela pour que les prêtres et, à travers eux, l’Eglise annoncent l’Evangile avec un zèle renouvelé.