“Est-ce que Dieu ne m’appellerait pas à être prêtre ?”
Cette question place celui à qui elle est adressée devant la liberté irrécusable d’un choix.

Elle ouvre la porte d’un dialogue permanent avec Dieu, en sachant que l’Eglise aura son mot à dire pour authentifier l’appel.

Hélas, tant de jeunes gens autour de nous ne se poseront jamais la question de l’appel. Peut-être parce que personne n’a eu l’audace de la lui faire entendre ! Pourquoi tant de chrétiens qui réclament des prêtres, n’ont-ils pas le courage de transmettre clairement cet appel dans leur cercle familial et auprès des jeunes qu’ils côtoient ? Par pudeur ? Par insouciance ?


La joie d’être prêtre

Certains jeunes, au détour d’un témoignage ou au sortir d’une expérience spirituelle n’ont pas pris le temps ou la précaution de s’appesantir sur cette interrogation : “Pourquoi pas moi ?” Ils en sont restés là. Peut-être en garderont-ils toute leur vie comme un remords ou une nostalgie !

Dieu ne cesse d’appeler

Il n’est pas avare de ses dons. Sa générosité est sans limite. Le sacerdoce est un des dons, puisqu’il est confié à son Eglise pour faire naître le peuple chrétien, le nourrir de ses sacrements, le servir par sa charité pastorale, lui faire partager la Parole de Dieu, le garder dans la communion de l’amour, le faire grandir dans la sainteté.

Dans un contexte de raréfaction des vocations sacerdotales, où l’on passe de près de 50 000 prêtres en France il y a 50 ans à une situation où, d’ici 3 ou 4 ans, il n’y aura que 5 000 prêtres en exercice, la réouverture du séminaire diocésain de la Castille il y a 20 ans, a constitué un défi mais aussi un geste prophétique pour notre Eglise. Des jeunes, laissant leur vie professionnelle ou leurs études, s’y livrent au jugement de l’Eglise et se forment dans la perspective du ministère ordonné. La responsabilité de chacun de nous est d’aider par notre prière, notre soutien financier, grâce à l’estime que nous leur accordons, ceux qui ont tout quitté pour suivre le Christ et le servir en chacun de leurs frères.

Il est toujours difficile de répondre à l’appel, d’aller jusqu’au bout de ce qu’il implique, de désarmer ses résistances. On a peur de se tromper, de se rendre malheureux et de rendre ainsi les autres malheureux. L’Eglise a la mission et la grâce d’aider à trouver la juste réponse.

L’Eglise appelle des êtres pécheurs, divisés, hésitants. Il en a toujours été ainsi. Et c’est même sa raison d’être. C’est avec des pécheurs que l’Eglise fait des saints.

Evêque du diocèse de Fréjus-Toulon



(Exhortation Apostolique Post-Synodale Vita Consecrata de Sa Sainteté Jean-Paul II)

32. Dans cet ensemble harmonieux de dons, chacun des états de vie fondamentaux reçoit la tâche d’exprimer, dans son ordre, l’une ou l’autre des dimensions de l’unique mystère du Christ. Si la vie laïque a une mission spécifique pour faire entendre l’annonce évangélique dans les réalités temporelles, ceux qui sont institués dans les Ordres sacrés, spécialement les Évêques, exercent un ministère irremplaçable dans le cadre de la communion ecclésiale. Les Évêques ont le devoir de guider le Peuple de Dieu par l’enseignement de la Parole, l’administration des sacrements et l’exercice des pouvoirs sacrés au service de la communion ecclésiale, qui est une communion organique, hiérarchiquement ordonnée.

Dans l’Église, en ce qui concerne sa mission de manifester la sainteté, il faut reconnaître que la vie consacrée se situe objectivement à un niveau d’excellence, car elle reflète la manière même dont le Christ a vécu. C’est pourquoi il y a en elle une manifestation particulièrement riche des biens évangéliques et une mise en œuvre plus complète de la finalité de l’Église, qui est la sanctification de l’humanité. La vie consacrée annonce et anticipe en quelque sorte le temps à venir, dans lequel, une fois survenue la plénitude du Royaume des cieux qui est déjà présent maintenant en germe et dans le mystère,les fils de la Résurrection ne prendront plus ni femme ni mari, mais seront comme des anges de Dieu (cf. Mt 22,30).

En effet, l’excellence de la chasteté parfaite pour le Royaume,considérée à bon droit comme la « porte » de toute la vie consacrée,fait partie de l’enseignement constant de l’Église. Par ailleurs, l’Église porte une grande estime à la vocation au mariage, dans laquelle les époux « sont témoins et coopérateurs de la fécondité de la Mère Église, en signe et en participation de l’amour dont le Christ a aimé son Épouse et s’est livré pour elle ».

Dans cette perspective commune à toute la vie consacrée, on peut distinguer des voies différentes mais complémentaires. Les religieux et les religieuses entièrement consacrés à la contemplation sont de manière spéciale des images du Christ qui s’adonne à la contemplation sur la montagne. Les personnes consacrées de vie active le représentent tandis qu’il « annonce aux foules le Royaume de Dieu, ou qu’il guérit les malades et les blessés, ou qu’il amène les pécheurs à se tourner vers le bien, ou qu’il bénit les enfants et fait du bien à tous ». Les personnes consacrées dans les Instituts séculiers servent à leur manière propre l’avènement du Royaume de Dieu; elles font une synthèse spécifique des valeurs de la consécration et de celles de la sécularité. En vivant leur consécration dans le siècle et à partir du siècle,elles « s’efforcent [...] d’imprégner toutes choses d’esprit évangélique pour fortifier et développer le Corps du Christ ».À cette fin, elles participent à la tâche d’évangélisation de l’Église par le témoignage personnel d’une vie chrétienne, par leurs engagements qui ont pour but d’ordonner les réalités temporelles selon Dieu, par leur coopération selon leur propre mode de vie séculier au service de la communauté ecclésiale.

Témoigner de l’Évangile des Béatitudes

33. Une fonction particulière de la vie consacrée est de maintenir vive chez les baptisés la conscience des valeurs fondamentales de l’Évangile, en rendant « le témoignage éclatant et éminent que le monde ne peut être transfiguré et offert à Dieu sans l’esprit des Béatitudes ».Ainsi, la vie consacrée rend continuellement présente dans la conscience du peuple de Dieu l’exigence de répondre par la sainteté de la vie à l’amour de Dieu répandu dans les cœurs par l’Esprit Saint (cf. Rm 5,5), en reflétant dans le comportement la consécration sacramentelle que Dieu opère par le Baptême, par la Confirmation ou par l’Ordre. Il convient, en effet, de passer de la sainteté conférée par les sacrements à la sainteté de la vie quotidienne. La vie consacrée, de par son existence même dans l’Église, se met au service de la consécration de la vie de tous les fidèles, laïcs et clercs.

D’autre part, on ne doit pas oublier que le témoignage propre des autres vocations apporte aussi aux consacrés un soutien pour vivre intégralement leur adhésion au mystère du Christ et de l’Église dans ses multiples dimensions. En vertu de cet enrichissement réciproque, la mission de la vie consacrée devient plus éloquente et plus efficace: montrer aux autres frères et sœurs, en gardant les yeux fixés sur la paix future, le but qui est la béatitude définitive auprès de Dieu.

L’image expressive de l’Église-Épouse

34. La signification sponsale de la vie consacrée prend un relief particulier, car elle évoque la nécessité pour l’Église de vivre pleinement et exclusivement vouée à son Époux dont elle reçoit tout bien. Dans cette dimension sponsale, propre à toute la vie consacrée, c’est surtout la femme qui se retrouve spécialement elle-même, y découvrant en quelque sorte la valeur propre de sa relation avec le Seigneur.

À ce sujet, il y a dans le Nouveau Testament une page très suggestive qui présente Marie avec les Apôtres au Cénacle, dans l’attente priante de l’Esprit Saint (cf. Ac 1,13-14). On peut y voir une image expressive de l’Église-Épouse, attentive aux signes venant de l’Époux et prête à l’accueillir comme un don. Chez Pierre et chez les autres Apôtres apparaît surtout la dimension de la fécondité, telle qu’elle se traduit dans le ministère ecclésial, qui se fait l’instrument de l’Esprit pour engendrer de nouveaux fils en dispensant la Parole, en célébrant les Sacrements et en conduisant l’action pastorale. En Marie est particulièrement vive la dimension d’accueil sponsal, par lequel l’Église fait fructifier en elle la vie divine par son amour virginal et total.

La vie consacrée a toujours été située de manière privilégiée aux côtés de Marie, la Vierge épouse. De cet amour virginal résulte une fécondité particulière, qui contribue à la naissance et à la croissance de la vie divine dans les cœurs. La personne consacrée, sur les traces de Marie, nouvelle Ève, réalise sa fécondité spirituelle en se faisant accueillante à la Parole, pour coopérer à la construction de l’humanité nouvelle par son dévouement inconditionnel et par son vivant témoignage. L’Église manifeste ainsi pleinement sa maternité par la communication de l’action divine, confiée à Pierre, et par l’accueil responsable du don divin, caractéristique de Marie.

Pour sa part, le peuple chrétien trouve dans le ministère ordonné les moyens du salut, dans la vie consacrée un stimulant pour être pleinement disponible par amour à toutes les formes de diaconie.

Source: Vaticano



Lors de l’audience aux évêques participants au séminaire d’étude organisé par le conseil pontifical pour les laïcs, le Saint Père Benoit XVI leur a adressé le discours suivant.


Eminence, Vénérables Frères dans l’Episcopat et dans le Sacerdoce, Chers frères et sœurs !

Je suis heureux de vous rencontrer à l’occasion du Séminaire d’étude convoqué par le Conseil Pontifical pour les Laïcs pour réfléchir sur la sollicitude pastorale envers les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles. Je remercie les nombreux Evêques qui ont voulu être présents, venus de toutes les régions du monde : leur intérêt et leur active participation sont la garantie de la pleine réussite des travaux, qui en sont aujourd’hui à leur conclusion. J’adresse à tous les Frères dans l’Episcopat, et à toutes les personnes présentes, un salut cordial de communion et de paix ; je salue en particulier le Cardinal Stanislaw Rylko et Mons. Josef Clemens, respectivement Président et Secrétaire du Dicastère, et leurs collaborateurs.

Ce n’est pas la première fois que le Conseil pour les Laïcs organise un Séminaire pour les Evêques sur les mouvements de laïcs. Je me souviens bien de celui de 1999, prolongement pastoral idéal de la rencontre de mon bien-aimé Prédécesseur Jean Paul II avec les mouvements et les communautés nouvelles, tenue le 30 mai de l’année précédente. En tant que Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai été impliqué en première ligne dans le débat. J’ai eu l’occasion d’établir un dialogue direct avec les Evêques, un échange franc et fraternel sur beaucoup de questions importantes. De même, le présent Séminaire, veut être le prolongement de la rencontre que j’ai eu le 3 juin 2006, avec une large représentation de fidèles appartenant à plus de 100 nouvelles communautés de laïcs. A cette occasion, j’ai reconnu dans l’expérience des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles le “signe lumineux de la beauté du Christ, et de l’Eglise son Epouse” (cf. Message aux participants du Congrès du 22 mai 2006). En m’adressant “aux chers amis des mouvements”, je les exhortai à faire de plus en plus de ceux-ci des “écoles de communion, communautés en chemin où l’on apprend à vivre dans la vérité et l’amour que le Christ nous a révélé et communiqué par le témoignage des Apôtres, au sein de la grande famille de ses disciples.” (Ibid.)

Les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles sont une des nouveautés les plus importantes suscitées par le Saint Esprit dans l’Eglise pour la mise en œuvre du Concile Vatican II. Ils se sont multipliés dans les années du Concile, surtout dans celles qui le suivirent immédiatement, à une époque riche de promesses enthousiasmantes, mais marquée aussi par de difficiles épreuves. Paul VI et Jean Paul II surent accueillir et discerner, encourager et promouvoir l’irruption inattendue des nouvelles réalités de laïcs qui, dans des formes variées et surprenantes, redonnaient vitalité, foi et espérance à toute l’Eglise. Déjà à l’époque, elles témoignaient de la joie, du caractère raisonnable et de la beauté d’être chrétien, se montrant reconnaissantes d’appartenir au mystère de Communion qu’est l’Eglise. Nous avons assisté au réveil d’un vigoureux élan missionnaire, mu par le désir de communiquer à tous la précieuse expérience de la rencontre avec le Christ, sentie et vécue comme la seule réponse adéquate à la profonde soif de vérité et de bonheur du cœur humain.

Comment ne pas se rendre compte, en même temps, qu’une telle nouveauté attend encore d’être adéquatement comprise à la lumière du dessein de Dieu et de la mission de l’Eglise dans le décor de notre époque ? C’est pour cela que ce sont succédées de nombreuses interventions de rappel et d’orientation de la part des Pontifes qui ont initié un dialogue et une collaboration de plus en plus approfondis au niveau des nombreuses Eglises particulières. Beaucoup de préjugés, de résistances et de tensions ont pu être dépassés. Il reste à accomplir l’important devoir de promouvoir une plus mûre communion de toutes les composantes ecclésiales afin que tous les charismes, dans le respect de leur spécificité, puissent pleinement et librement contribuer à l’édification de l’unique Corps du Christ.

A la rencontre avec beaucoup d’amour

J’ai beaucoup apprécié qu’on ait choisi, comme trame du Séminaire, l’exhortation que j’ai adressée à un groupe d’évêques allemands en visite ad limina, et qu’aujourd’hui à nouveaux je propose à vous tous, Pasteurs de nombreuses Eglises particulières : “Je vous demande d’aller à la rencontre des mouvements avec beaucoup d’amour” (18 novembre 2006). Je pourrais presque dire que je n’ai rien d’autre à ajouter ! La charité est le signe distinctif du Bon Pasteur : elle donne autorité et efficacité à l’exercice du ministère qui nous a été confié. Aller à la rencontre des mouvements et des communautés nouvelles avec beaucoup d’amour nous pousse à connaître adéquatement leur réalité, sans impressions superficielles ou jugements réducteurs.

Cela nous aide aussi à comprendre que les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles ne sont pas un problème ou un risque de plus, qui s’ajoute à nos charges déjà si lourdes. Non ! Ils sont un don du Seigneur, une ressource précieuse pour enrichir avec leurs charismes toute la communauté chrétienne. Par conséquent, il ne faut pas manquer de leur offrir un accueil confiant qui leur donne une place et valorise leurs contributions dans la vie des Eglises locales. Des difficultés ou des incompréhensions sur des questions particulières n’autorisent pas la fermeture. Que le “beaucoup d’amour” inspire prudence et patience. A nous, Pasteurs, il est demandé d’accompagner de près, avec une sollicitude paternelle, d’une façon cordiale et intelligente, les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles afin qu’ils puissent généreusement mettre au service de l’utilité commune, d’une manière ordonnée et féconde, tous les dons dont ils sont porteurs et que nous avons appris à connaître et à apprécier : l’élan missionnaire, les efficaces itinéraires de formation chrétienne, le témoignage de fidélité et d’obéissance à l’Eglise, la sensibilité aux besoins des pauvres, la richesse des vocations.

“Aller à la rencontre des mouvements et des communautés nouvelles avec beaucoup d’amour nous pousse à connaître adéquatement leur réalité, sans impressions superficielles ou jugements réducteurs.”

L’authenticité des nouveaux charismes est garantie par leur disponibilité à se soumettre au discernement de l’autorité ecclésiastique. Déjà de nombreux mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles ont été reconnus par le Saint Siège, et donc ils doivent sans aucun doute être considérés comme un don de Dieu pour toute l’Eglise. D’autres, encore en gestation, demandent l’exercice d’un accompagnement encore plus délicat et vigilant de la part des Pasteurs des Eglises particulières. Que celui qui est appelé à un service de discernement et de guide, ne prétende pas être dominateur par rapport aux charismes mais plutôt qu’il se garde du danger de les étouffer (cf. 1 Th 5, 19-21), résistant à la tentation d’uniformiser ce que le Saint Esprit a voulu multiforme pour concourir à l’édification et à la dilatation de l’unique Corps du Christ, que le même Esprit rend ferme dans l’unité. Consacré et assisté par l’Esprit de Dieu dans le Christ, Chef de l’Eglise, l’Evêque devra examiner les charismes et les éprouver, pour reconnaître et valoriser ce qui est bon, vrai et beau, ce qui contribue à

faire grandir la sainteté des individus et des communautés. Lorsque des corrections seront nécessaires, qu’elles soient, elles aussi, l’expression de “beaucoup d’amour”. Les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles se montrent fières de leur liberté associative, de la fidélité à leur charisme, mais ils ont aussi montré bien savoir que fidélité et liberté sont assurées, et non certes limitées, par la communion ecclésiale dont les Evêques, unis au Successeur de Pierre, sont ministres, gardiens et guides.

Chers Frères dans l’Episcopat, à la fin de cette rencontre, je vous exhorte à raviver en vous le don que vous avez reçu par votre consécration (cf. 2 Tim. 1, 6). Que l’Esprit de Dieu nous aide à reconnaître et à garder les merveilles que lui-même suscite dans l’Eglise en faveur de tous les hommes. Je confie à la très Sainte Vierge Marie, Reine des Apôtres, chacun de vos Diocèses et je vous donne de tout cœur une affectueuse

Bénédiction Apostolique que j’étends aux prêtres, aux religieux, aux religieuses, aux séminaristes, aux catéchistes et à tous les fidèles laïcs, en particulier aujourd’hui, aux membres des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles présents dans les Eglises confiées à votre charge.




Racontée par le Père Laurent Sentis, directeur des Etudes

Aux alentours des années 1920, le diocèse de Fréjus-Toulon dispose, comme tous les diocèses de France, d’un séminaire diocésain ; il est installé à la Castille. Il n’a jamais eu un grand nombre de séminaristes et doit fermer ses portes en 1959. Mais il prend un nouveau départ en 1983.

Une décision de Monseigneur Joseph Madec

Dans les années 1960-70, la tendance générale en France est de constituer des séminaires interdiocésains. L’idée semble bonne en soi, mais dans la pratique elle se heurte à un problème épineux : celui du gouvernement d’une institution soumise à plusieurs évêques. Celui qui n’est encore que le père Joseph Madec a fait l’expérience de cette d

ifficulté et estime que le bon fonctionnement d’un séminaire exige qu’il dépende d’un seul évêque. Devenu évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Joseph Madec, fort de cette conviction, décide la réouverture du séminaire diocésain en faisant confiance à la Providence pour trouver des candidats et un encadrement. Il demande au père François Bouttin de créer, pour débuter, une année de Propédeutique.

La mise en place d’une équipe animatrice

Le premier souci, du nouveau supérieur, est de chercher des pères spirituels et d’inviter

les séminaristes à bien enraciner leur vocation dans l’oraison. Il doit aussi constituer un corps professoral digne de ce nom. Il estime, à juste titre, qu’un séminaire diocésain doit proposer des cours de qualité : cela impose de faire appel autant que possible à des spécialistes dans chaque discipline. Comme il ne trouve pas facilement ces spécialistes sur place, il n’hésite pas à faire venir

des professeurs pour des sessions d’une semaine. Il repère, aussi, des séminaristes capables de devenir professeurs à leur tour et les envoie se former dans différentes universités. Devenu supérieur en 1994, le père Philippe Le Pivain bénéficie de ces efforts et veille au maintien et au développement du corps professoral. Tout ceci étant mis en place il a pu se préoccuper de la question suivante : comment aider les séminaristes dans leur travail personnel ?

Soutenir le travail intellectuel

  1. Le premier effort est d’éviter la trop grande dispersion des cours. Le système des sessions demeure nécessaire, mais la formule la meilleure semble être celle du cours de deux, trois ou quatre heures hebdomadaires pendant tout un semestre. Le séminariste peut alors répartir son attention sur uniquement cinq ou six matières.
  2. Notre deuxième effort est de programmer des devoirs écrits et des exposés oraux. Mais en raison des capacités différentes de nos étudiants, il faut moduler ces travaux. Il faut également personnaliser les soutiens. C’est ainsi qu’est mis en place le tutorat. Un tuteur pour chaque séminariste, chargé de le suivre et de l’aider dans l’organisation de son travail. Enfin un effort est fait pour limiter certaines tendances au “bachotage” lors des examens semestriels car l’esprit n’est pas celui de compétition mais de vérifier que l’essentiel du cours est retenu et que l’enjeu du cours, pour la pastorale, est perçu.

Une théologie pour l’évangélisation

Le nouvel évêque Monseigneur Dominique Rey a à cœur de prolonger et d’amplifier ce qui a été entrepris par son prédécesseur. Il n’hésite pas à ouvrir largement le séminaire aux candidats des communautés nouvelles. Le souci de père Arnaud Adrien, le nouveau supérieur, est de maintenir une unité entre des groupes assez divers. Il y parvient en accentuant la dimension spirituelle et apostolique. Mais l’exigence intellectuelle n’a pas diminué. Un certain style semble caractériser notre « studium » un solide enracinement dans la tradition, une grande docilité vis-à-vis du magistère, une attention aux problématiques contemporaines et tout cela pour que les prêtres et, à travers eux, l’Eglise annoncent l’Evangile avec un zèle renouvelé.



(Exhortation Apostolique Familiaris Consortio de sa Sainteté Le Pape Jean-Paul II)

L’homme, image du Dieu Amour
11. Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance(20): en l’appelant à l’existence par amour, il l’a appelé en même temps à l’amour.
Dieu est amour(21) et il vit en lui-même un mystère de communion personnelle d’amour. En créant l’humanité de l’homme et de la femme à son image et en la conservant continuellement dans l’être, Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacité et la responsabilité correspondantes, à l’amour et à la communion(22). L’amour est donc la vocation fondamentale et innée de tout être humain.
Puisque l’homme est un esprit incarné, c’est-à-dire une âme qui s’exprime dans un corps et un corps animé par un esprit immortel, il est appelé à l’amour dans sa totalité unifiée. L’amour embrasse aussi le corps humain et le corps est rendu participant de l’amour spirituel.
La Révélation chrétienne connaît deux façons spécifiques de réaliser la vocation à l’amour de la personne humaine, dans son intégrité: le mariage et la virginité. L’une comme l’autre, dans leur forme propre, sont une concrétisation de la vérité la plus profonde de l’homme, de son «être à l’image de Dieu».
En conséquence, la sexualité, par laquelle l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre par les actes propres et exclusifs des époux, n’est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l’amour dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement l’un vis-à-vis de l’autre jusqu’à la mort. La donation physique totale serait un mensonge si elle n’était pas le signe et le fruit d’une donation personnelle totale, dans laquelle toute la personne, jusqu’en sa dimension temporelle, est présente. Si on se réserve quoi que ce soit, ou la possibilité d’en décider autrement pour l’avenir, cela cesse déjà d’être un don total.

Cette totalité, requise par l’amour conjugal, correspond également aux exigences d’une fécondité responsable: celle-ci, étant destinée à engendrer un être humain, dépasse par sa nature même l’ordre purement biologique et embrasse un ensemble de valeurs personnelles dont la croissance harmonieuse exige que chacun des deux parents apporte sa contribution de façon permanente et d’un commun accord.
Le «lieu» unique, qui rend possible cette donation selon toute sa vérité, est le mariage, c’est-à-dire le pacte d’amour conjugal ou le choix conscient et libre par leq

uel l’homme et la femme accueillent l’intime communauté de vie et d’amour voulue par Dieu lui-même(23), et qui ne manifeste sa vraie signification qu’à cette lumière. L’institution du mariage n’est pas une ingérence indue de la société ou de l’autorité, ni l’imposition extrinsèque d’une forme; elle est une exigence intérieure du pacte d’amour conjugal qui s’affirme publiquement comme unique et exclusif pour que soit vécue ainsi la pleine fidélité au dessein du

Dieu créateur. Cette fidélité, loin d’amoindrir la liberté de la personne, la met à l’abri de tout subjectivisme et de tout relativisme, et la fait participer à la Sagesse créatrice.
Le mariage et la communion
entre Dieu et les hommes

12. La communion d’amour entre Dieu et les hommes, contenu fondamental de la Révélation et de l’expérience de foi d’Israël, trouve une expression significative dans l’alliance nuptiale réalisée entre l’homme et la femme.
C’est ainsi que les mots essentiels de la Révélation, à savoir «Dieu aime son peuple», sont prononcés également au moyen des termes vivants et concrets par lesquels l’homme et la femme se disent leur amour conjugal. Leur lien d’amour devient l’image et le symbole de l’Alliance qui unit Dieu et son peuple(24). Même le péché qui peut blesser le pacte conjugal devient image de l’infidélité du peuple envers son Dieu: l’idolâtrie est un prostitution(25), l’infidélité est un adultère, la désobéissance à la loi est un abandon de l’amour nuptial du Seigneur. Mais l’infidélité d’Israël ne détruit pas la fidélité éternelle du Seigneur, et par conséquent l’amour toujours fidèle de Dieu est présenté comme exemplaire pour les relations d’amour fidèle qui doivent exister entre les époux(26).
Jésus-Christ, époux de l’Eglise,
et le sacrement de mariage
13. La communion entre Dieu et les hommes trouve son accomplissement définitif en Jésus-Christ, l’époux qui aime et qui se donne comme Sauveur de l’humanité en se l’unissant comme son corps.
Il révèle la vérité originelle du mariage, la vérité du «commencement»(27) et, en libérant l’homme de la dureté du cœur, le rend capable de la réaliser entièrement.
Cette révélation parvient à la plénitude définitive dans le don d’amour que le Verbe de Dieu fait à l’humanité en assumant la nature humaine et dans le sacrifice que Jésus-Christ fait de lui-même sur la croix pour son Epouse, l’Eglise. Dans ce sacrifice se manifeste entièrement le dessein que Dieu a imprimé dans l’humanité de l’homme et de la femme depuis leur création(28); le mariage des baptisés devient ainsi le symbole réel de l’alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le sang du Christ. L’Esprit, que répand le Seigneur, leur donne un cœur nouveau et rend l’homme et la femme capables de s’aimer, comme le Christ nous a aimés. L’amour conjugal atteint cette plénitude à laquelle il est intérieurement ordonné, la charité conjugale: celle-ci est la façon propre et spécifique dont les époux participent à la charité du Christ se donnant lui-même sur la croix, et sont appelés à la vivre.
Dans une page à juste titre fameuse, Tertullien a bien exprimé la grandeur et la beauté de cette vie conjugale dans le Christ: «Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l’Eglise ménage, que confirme l’offrande, que scelle la bénédiction; les anges le proclament, le Père céleste le ratifie… Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service! Tous deux enfants d’un même père, serviteurs d’un même maître; rien ne les sépare, ni dans l’esprit ni dans la chair; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l’esprit»(29).
En accueillant et en méditant fidèlement la Parole de Dieu, l’Eglise a solennellement enseigné et enseigne que le mariage des baptisés est l’un des sept sacrements de la Nouvelle Alliance(30).
Car, par le baptême, l’homme et la femme sont définitivement insérés dans la nouvelle et éternelle Alliance, Alliance nuptiale du Christ avec l’Eglise. C’est en raison de cette insertion indestructible que la communauté intime de vie et d’amour conjugal fondée par le Créateur(31) a été élevée et assumée dans la charité nuptiale du Christ, soutenue et enrichie par sa force rédemptrice.
En vertu de la sacramentalité de leur mariage, les époux sont liés l’un à l’autre de la façon la plus indissoluble. S’appartenant l’un à l’autre, ils représentent réellement, par le signe sacramentel, le rapport du Christ à son Eglise.
Les époux sont donc pour l’Eglise le rappel permanent de ce qui est advenu sur la croix. Ils sont l’un pour l’autre et pour leurs enfants des témoins du salut dont le sacrement les rend participants. Le mariage, comme tout sacrement, est un mémorial, une actualisation et une prophétie de l’événement du salut. «Mémorial, le sacrement leur donne la grâce et le devoir de faire mémoire des grandes œuvres de Dieu et d’en témoigner auprès de leurs enfants; actualisation, il leur donne la grâce et le devoir de mettre en œuvre dans le présent, l’un envers l’autre et envers leurs enfants, les exigences d’un amour qui pardonne et qui rachète; prophétie, il leur donne la grâce et le devoir de vivre et de témoigner l’espérance de la future rencontre avec le Christ»(32).
Comme chacun des sept sacrements, le mariage est aussi un symbole réel de l’événement du salut, mais à sa manière propre. «Les époux y participent en tant qu’époux, à deux, comme couple, à tel point que l’effet premier et immédiat du mariage (res et sacramentum) n’est pas la grâce surnaturelle elle-même, mais le lien conjugal chrétien, une communion à deux typiquement chrétienne parce que représentant le mystère d’incarnation du Christ et son mystère d’alliance. Et le contenu de la participation à la vie du Christ est aussi spécifique: l’amour conjugal comporte une totalité où entrent toutes les composantes de la personne – appel du corps et de l’instinct, force du sentiment et de l’affectivité, aspiration de l’esprit et de la volonté -; il vise une unité profondément personnelle, celle qui, au-delà de l’union en une seule chair, conduit à ne faire qu’un cœur et qu’une âme; il exige l’indissolubilité et la fidélité dans la donation réciproque définitive; et il s’ouvre sur la fécondité (cf. encyclique Humanae vitae, n. 9). En un mot, il s’agit bien des caractéristiques normales de tout amour conjugal naturel, mais avec une signification nouvelle qui, non seulement les purifie et les consolide, mais les élève au point d’en faire l’expression de valeurs proprement chrétiennes»(33).
Les enfants,
don très précieux du mariage
14. Selon le dessein de Dieu, le mariage est le fondement de cette communauté plus large qu’est la famille, puisque l’institution même du mariage et l’amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l’éducation des enfants dans lesquels ils trouvent leur couronnement(34).
Dans sa réalité la plus profonde, l’amour est essentiellement don, et l’amour conjugal, en amenant les époux à la «connaissance» réciproque qui fait qu’ils sont «une seule chair»(35), ne s’achève pas dans le couple; il les rend en effet capables de la donation la plus grande qui soit, par laquelle ils deviennent coopérateurs avec Dieu pour donner la vie à une autre personne humaine. Ainsi les époux, tandis qu’ils se donnent l’un à l’autre, donnent au-delà d’eux-mêmes un être réel, l’enfant, reflet vivant de leur amour, signe permanent de l’unité conjugale et synthèse vivante et indissociable de leur être de père et de mère.
En devenant parents, les époux recoivent de Dieu le don d’une nouvelle responsabilité. Leur amour parental est appelé à devenir pour leurs enfants le signe visible de l’amour même de Dieu, «d’où vient toute paternité au ciel et sur la terre»(36).
Il ne faut cependant pas oublier que même dans les cas où la procréation est impossible, la vie conjugale garde toute sa valeur. La stérilité physique peut en effet être pour le couple l’occasion de rendre d’autres services importants à la vie de la personne humaine, tels que l’adoption, les oeuvres variées d’éducation, l’aide à d’autres familles, aux enfants pauvres ou handicapés.
La famille,
communion de personnes
15. Au sein du mariage et de la famille se tisse un ensemble de relations interpersonnelles – rapports entre conjoints, paternité-maternité, filiation, fraternité – à travers lesquelles chaque personne est introduite dans la «famille humaine» et dans la «famille de Dieu» qu’est l’Eglise.
Le mariage et la famille chrétienne construisent l’Eglise. Dans la famille en effet, la personne humaine n’est pas seulement engendrée et introduite progressivement, à travers l’éducation, dans la communauté humaine, mais grâce à la régénération du baptême et à l’éducation de la foi, elle est introduite également dans la famille de Dieu qu’est l’Eglise.
La famille humaine, désagrégée par le péché, est reconstituée dans son unité par la puissance rédemptrice de la mort et de la résurrection du Christ(37). Le mariage chrétien, qui participe à l’efficacité salvifique de cet événement, constitue le lieu naturel où s’accomplit l’insertion de la personne humaine dans la grande famille de l’Eglise.
La mission, donnée au commencement à l’homme et à la femme, de croître et de se multiplier atteint ainsi toute sa vérité et sa pleine réalisation.
Et l’Eglise trouve dans la famille, née du sacrement, son berceau et le lieu où elle peut accomplir sa propre insertion dans les générations humaines, et celles-ci, réciproquement, dans l’Eglise.

Source: Vaticano



(Constitution Dogmatique Lumen Gentium)

La dignité des laïcs, membres du Peuple de Dieu
32. Grâce à son institution divine, la sainte Eglise présente une structure et un gouvernement admirablement diversifiés. “De même, en effet, que notre corps en son unité possède beaucoup de membres et que ces membres n’ont pas tous la même fonction, ainsi nous à plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres” (Rom. 12, 4-5).
Le peuple élu de Dieu est donc un: “Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême” (Eph. 4, 5). La dignité des membres est commune à tous par le fait de leur régénération dans le Christ; commune est la grâce des fils, commune la vocation à la perfection, unique est le salut, unique l’espérance et indivise la charité. Il n’existe donc pas d’inégalité dans le Christ et dans l’Église en raison de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe, car “il n’y a plus ni juifs ni gentils, il n’y a plus ni esclaves ni hommes libres, il n’y a plus ni hommes ni femmes: vous êtes tous un dans le Christ Jésus” (G. 3, 28 gr., cf. Col. 3, 11).
Si donc dans l’Eglise tous ne cheminent pas en suivant la même voie, tous cependant sont appelés à la sainteté et ont reçu en partage une foi du même prix par la justice de Dieu (cf. II Petr. 1, 1). Même si certains. par la volonté du Christ, sont mis à la tête des autres comme docteurs, dispensateurs des mystères et pasteurs, il existe cependant entre tous une véritable égalité, sur les plans de la dignité et de l’action commune, en ce qui regarde l’édification du Corps du Christ. En effet, la distinction posée par le Seigneur entre les ministres sacrés et le reste du Peuple de Dieu comporte l’union que des devoirs communs aux pasteurs et aux autres fidèles créent entre eux: devoir pour les pasteurs de l’Eglise, à l’exemple du Christ, de se mettre au service les uns des autres et au service des fidèles; et pour ces derniers de prêter volontiers leur concours aux pasteurs et aux docteurs. Ainsi, dans la diversité, tous rendent témoignage de l’admirable unité qui existe dans le Corps du Christ; car la diversité même des grâces, des ministères et de l’action rassemble en un seul tout les fils de Dieu, puisque “c’est un seul et même esprit qui opère toutes ces choses” (1 Cor. 12, 11).
Par la bienveillance divine, les laïcs ont donc pour frère le Christ qui, étant le Seigneur de toutes choses, n’est pourtant pas venu pour être servi, mais pour servir (cf. Mt. 20, 28); ainsi, ont-ils également pour frères ceux qui, préposés aux fonctions sacrées, enseignent, sanctifient et régissent, paissant la famille de Dieu de par l’autorité du Christ, en sorte que le précepte nouveau de la charité soit accompli par tous. Saint Augustin dit fort bien à ce sujet: “Si ce que je suis pour vous m’effraie, être avec vous me console. Car pour vous je suis évêque et avec vous je suis chrétien. Le premier titre est celui de la dignité dont je suis revêtu, et le second, celui de la grâce. L’un ne me présente que des dangers, l’autre est pour moi un gage de salut” (1).
La vie par rapport au salut et à l’apostolat
33. Les laïcs, rassemblés dans le Peuple de Dieu et constitués en Corps unique du Christ sous un seul chef, sont tous appelés, quels qu’ils soient, à contribuer comme des membres vivants et de toutes les forces qu’ils ont reçues de la bonté du Créateur et de la grâce du Rédempteur, à l’accroissement de l’Eglise et à son ascension continuelle dans la sainteté.
L’apostolat des laïcs est donc une participation à la mission salvatrice de l’Eglise elle-même. Cet apostolat, tous y sont destinés par le Seigneur lui-même en vertu de leur baptême et de leur confirmation. Les sacrements, et en particulier la sainte Eucharistie, communiquent et alimentent cet amour envers Dieu et envers les hommes qui est l’âme de tout l’apostolat. Cependant, les laïcs sont par-dessus tout appelés à rendre l’Eglise présente et agissante en tout lieu et en toute circonstance où elle ne peut devenir le sel de la terre que par leur intermédiaire (2). Ainsi tout laïc, en vertu des dons qu’il a reçus, est le témoin et, en même ,temps, l’instrument vivant de la mission de l’Eglise “selon la mesure du don du Christ” (Eph. 4, 7).
Outre cet apostolat qui incombe à tous les fidèles sans exception, les laïcs peuvent également être appelés, de diverses manières, à collaborer plus immédiatement à l’apostolat de la hiérarchie (3), à l’instar des hommes et des femmes qui aidaient l’apôtre Paul à évangéliser, et peinaient beaucoup dans le Seigneur (cf. Phil. 4, 3; Rom. 16, 3 ss). Ils sont, en outre, susceptibles d’être appelés par la hiérarchie à exercer certaines tâches ecclésiastiques dans un but spirituel.
C’est donc une magnifique tâche qui attend tous les laïcs: celle de travailler à ce que le plan divin du salut se réalise toujours davantage dans chacun des hommes en tous les temps et par toute la terre. Que de toutes parts donc, la voie leur soit ouverte afin que, selon leurs forces et les besoins actuels, ils puissent, eux aussi, travailler avec ardeur à l’oeuvre salvatrice de l’Eglise.
Participation des laïcs au sacerdoce commun et au culte
34. Le Christ Jésus, Grand Prêtre éternel, voulant poursuivre également par le moyen des laïcs son témoignage et son service auprès des hommes, les vivifie par son Esprit et les invite sans cesse à toute oeuvre bonne et parfaite.
En effet, ceux qu’il unit intimement à sa vie et à sa mission, il leur donne également part à son office sacerdotal pour qu’ils exercent un culte spirituel, afin que Dieu soit glorifié et les hommes sauvés. En conséquence, les laïcs voués au Christ et commis par l’Esprit-Saint sont admirablement appelés et merveilleusement pourvus, en sorte que les fruits de l’Esprit croissent toujours en eux en plus grande abondance. En effet, toutes leurs actions, leurs prières, leurs initiatives apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leur travail journalier, leurs loisirs et leurs divertissements, s’ils sont vécus dans l’Esprit, et même les épreuves de la vie supportées avec patience deviennent “des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ” (I Petr. 2, 5); et ces sacrifices sont pieusement offerts au Père dans la célébration eucharistique avec l’oblation du Corps du Seigneur. De cette manière, les laïcs, en une sainte et universelle adoration, consacrent à Dieu le monde même.
Participation des laïcs à la l’onction prophétique du Christ et au témoignage
35. Le Christ, notre grand Prophète, qui, par le témoignage de sa vie et la puissance de sa parole, a proclamé le Royaume du Père, accomplit son office prophétique jusqu’à la pleine manifestation de la gloire, non seulement par le moyen de la hiérarchie qui enseigne en son nom et en vertu de son pouvoir, mais aussi par le moyen des laïcs dont il fait aussi ses témoins et qu’il remplit du sens de la foi et du don de sa parole (cf. Act. 2, 17-18; Apoc. 19, 10), afin que la force de l’Evangile resplendisse dans la vie quotidienne, familiale et sociale. Les laïcs se montrent fils de la promesse, si, persévérant dans la foi et dans l’espérance, ils mettent à profit le temps présent (cf. Eph. 5, 16; Col. 4, 5) et attendent avec patience la gloire future (cf. Rom. 8, 25). Cette espérance ils ne doivent pas l’enfouir au fond de leurs âmes, mais, par une conversion continuelle et la lutte “contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits malins” (Eph. 6, 12), ils doivent la faire passer aussi dans les structures de la vie terrestre.
Les sacrements de la Nouvelle Loi, qui soutiennent la vie et l’apostolat des fidèles, annoncent un ciel nouveau et une terre nouvelle (cf. Apoc. 21, 1); de même les laïcs deviennent les hérauts de la foi aux choses que l’on espère (cf. Hébr. 11, 1), s’ils joignent résolument une vie de foi à la profession de cette foi. Cette évangélisation, véritable annonce du Christ proclamée par la parole et le témoignage de la vie, présente un aspect tout à fait caractéristique et possède une efficacité particulière du seul fait qu’elle est accomplie dans les conditions ordinaires de la vie courante.
Cette vocation du laïc laisse apparaître la grande valeur d’un état de vie sanctifié par un sacrement particulier, savoir la vie matrimoniale et familiale. C’est là où la religion chrétienne pénètre la vie tout entière et la transforme que se trouve la meilleure école préparant à l’apostolat laïc. Là, les conjoints ont pour vocation propre d’être l’un pour l’autre, et aussi pour leurs enfants, des témoins de la foi et de l’amour du Christ. La famille chrétienne proclame à haute voix la puissance actuelle du Royaume de Dieu et l’espérance de la vie bienheureuse. Ainsi, par son exemple et par son témoignage, elle convainc le monde de péché et illumine les hommes en quête de vérité.
Les laïcs donc, même lorsqu’ils sont accaparés par des soucis temporels, peuvent et doivent exercer une action importante eu égard à l’évangélisation du monde. Certains d’entre eux, à défaut de ministres sacrés ou lorsque ceux-ci en sont empêchés par la persécution, emplissent une suppléance, selon leurs pouvoirs, en certains offices sacrés. Nombre d’entre eux consacrent toutes leurs forces au travail apostolique. Tous cependant se doivent de coopérer à l’extension et à la croissance du Royaume du Christ dans le monde. Aussi les laïcs s’attacheront-ils avec diligence à approfondir la vérité révélée et demanderont-ils à Dieu, avec insistance, le don de sagesse.

Source: Vaticano



CHERCHE-LE!
Je vous le dis donc à vous, chers jeunes : n’ayez pas peur de rencontrer Jésus : avec attention et disponibilité,

cherchez-le dans la lecture attentive de la Sainte Écriture et dans la prière personnelle et communautaire;
cherchez-le dans une participation active à l’Eucharistie ;
cherchez-le en rencontrant un prêtre pour recevoir le sacrement de la Réconciliation ;
cherchez-le dans l’Église, qui se manifeste à vous dans les groupes paroissiaux, dans les mouvements et dans les associations ;
cherchez-le dans le visage de vos frères qui souffrent, qui sont dans le besoin, qui sont étrangers. […] Comme vous, moi aussi j’ai eu vingt ans. J’aimais faire du sport, du ski, du théâtre. J’étudiais et je travaillais. J’avais des désirs et des préoccupations. Au cours de ces années désormais lointaines, au temps où ma terre natale était dévastée par la guerre et ensuite par le régime totalitaire, je cherchais le sens que je voulais donner à ma vie. Je l’ai trouvé en suivant le Seigneur Jésus. Le temps de la jeunesse est la période durant laquelle toi aussi, cher garçon, chère fille, tu te demandes que faire de ta vie, comment contribuer à rendre le monde un peu meilleur, comment promouvoir la justice et construire la paix.

ÉCOUTE-LE!
Voici la seconde invitation que je te donne : ” Écoute!”. Ne te lasse jamais de t’entraîner à la discipline difficile de l’écoute. Écoute la voix du Seigneur qui te parle à travers les événements de la vie quotidienne, à travers les joies et les souffrances qui l’accompagnent, à travers les personnes qui te sont proches, à travers la voix de la conscience assoiffée de vérité, de bonheur, de bonté et de beauté. Si tu sais ouvrir ton cœur et ton esprit en étant disponible, tu découvriras “ta vocation”, le projet que Dieu, dans son amour, a depuis toujours sur toi.


R
ÉPONDS-LUI

Ainsi tu pourras fonder une famille, édifiée sur le mariage, ce pacte d’amour entre un homme et une femme qui s’engagent à une communion de vie stable et fidèle. Tu pourras, par ton témoignage personnel, affirmer que, bien qu’il y ait des difficultés et des obstacles, il est possible de vivre en plénitude le mariage chrétien comme une expérience pleine de sens et comme une “bonne nouvelle” pour toutes les familles. Tu pourras être, si tel est l’appel qui t’est adressé, prêtre, religieux ou religieuse, donnant ta vie au Christ et à l’Église avec un cœur sans partage, et devenant ainsi un signe de la présence amoureuse de Dieu dans le monde d’aujourd’hui. Tu pourras être, comme tant d’autres l’ont été avant toi, un apôtre intrépide et infatigable, vigilant dans la prière, heureux et accueillant dans le service de la communauté. Oui, toi aussi tu pourrais être l’un d’entre eux ! Je sais bien que, face à une telle proposition, tu peux te sentir hésitant, mais je te dis : “N’aie pas peur”. Dieu ne se laisse pas vaincre par la peur. La générosité de Dieu n’a pas de limite. Après quelques soixante années de sacerdoce, je suis heureux de vous apporter mon témoignage : il est beau de pouvoir se dépenser jusqu’au bout pour la cause du Règne de Dieu ! Le Pape, vos Évêques, la communauté chrétienne tout entière comptent sur votre engagement, sur votre générosité, et ils vous accompagnent avec confiance et espérance : jeunes mettez-vous en route !
Le Seigneur fait route avec vous (1S 17,37).

Saint Père Jean-Paul II



39. Cette Eglise, dont le saint Concile expose le mystère, la foi lui reconnaît une sainteté sans défaillance. En effet, le Christ, Fils de Dieu, qui avec le Père et le Saint-Esprit est proclamé “le seul Saint” (1), a aimé l’Eglise comme son épouse et s’est donné pour elle afin de la sanctifier (cf. Eph. 5, 25-26). Il l’a unie à lui comme son corps et l’a comblée du don de l’Esprit-Saint, pour la gloire de Dieu. Voilà pourquoi tous les membres de l’Eglise, tant ceux qui appartiennent à la hiérarchie que ceux qui sont dirigés par elle, sont appelés à la sainteté, selon l’expression de l’Apôtre: “La volonté de Dieu c’est votre sanctification” (I Thess. 4, 3; Eph. 1, 4). Cette sainteté de l’Eglise se manifeste constamment et doit se manifester par les richesses de la grâce que l’Esprit-Saint produit chez les fidèles; elle s’exprime différemment en chacun de ceux qui, dans la conduite de leur vie, parviennent, en édifiant le prochain, à la perfection de la charité; elle apparaît en quelque sorte proprement dans la pratique des conseils qu’on appelle d’ordinaire “évangéliques”. Cette pratique des conseils, embrassée par beaucoup de chrétiens sous l’impulsion du Saint-Esprit, soit privément, soit dans une condition ou un état reconnus dans l’Eglise, porte et doit porter dans le monde un témoignage remarquable et un éclatant exemple de cette sainteté.

L’appel universel à la sainteté

40. Le Seigneur Jésus, Maître et Modèle divin de toute perfection, a prêché cette sainteté de la vie, dont lui-même est l’auteur et qu’il conduit à son achèvement, à tous et à chacun de ses disciples, quelle que soit sa condition: “Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait”(2) (Mt. 5, 48). En effet, il envoya à tous le Saint-Esprit qui les incite intérieurement à aimer Dieu de tout leur coeur, de toute leur âme, de tout leur esprit et de toutes leurs forces (cf. Mc 12, 30), et à s’aimer les uns les autres comme le Christ les a aimés (cf. Jn 13, 34; 15, 12). Les adeptes du Christ, appelés par Dieu et justifiés en Jésus-Christ non à cause de leurs oeuvres, mais selon le dessein et la grâce de Dieu, sont vraiment devenus, dans le baptême de la foi, fils de Dieu et participants de la nature divine et ont été, par conséquent, réellement sanctifiés. Ils doivent donc, avec l’aide de Dieu, maintenir et perfectionner dans leur vie cette sainteté qu’ils ont reçue. L’Apôtre les exhorte à vivre “comme il convient à des saints” (Eph. 5, 3), à se revêtir, “comme il convient à des élus de Dieu, saints et agréables, de sentiments de miséricorde, de bonté, d’humilité, de mansuétude et de patience” (Col. 3, 12), et à recueillir les fruits de l’Esprit en vue de leur sanctification (cf. Gal. 5, 22; Rom. 6, 22). Et puisque tous nous commettons bien des fautes (cf. Jac. 3, 2), nous avons continuellement besoin de la miséricorde de Dieu et devons demander chaque jour: “Remets-nous nos dettes” (3) (Mt. 6, 12).

Il est donc clair pour tous que chacun des fidèles, peu importe son état ou son rang, est appelé à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité (4). Au reste, par une telle sainteté il contribue à rendre plus humaine la manière de vivre dans la société terrestre elle-même. A l’acquisition de cette perfection les fidèles emploieront leurs forces, salon la mesure du don du Christ; si bien que, suivant ses traces, devenus conformes à son image et soumis en tout à la volonté du Père, ils se consacreront de tout coeur à la gloire de Dieu et au service du prochain. Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu donnera des fruits abondants, comme la vie de tant de saints le manifeste excellemment dans l’histoire de l’Eglise.

La pratique multiforme de l’unique sainteté

41. En divers genres de vie et parmi des occupations différentes, c’est une unique sainteté que cultivent ceux qui sont mus par l’Esprit de Dieu; obéissant à la voix du Père et adorant le Père en esprit et en vérité, ils suivent le Christ pauvre, humble et chargé de la croix, pour mériter de participer à sa gloire. Chacun doit, selon ses capacités et sans aucune hésitation, s’engager dans la voie de la foi vive qui éveille l’espérance et opère par la charité.

A l’image du Grand-Prêtre éternel, pasteur et évêque de nos âmes, les pasteurs du troupeau du Christ doivent, avant toutes choses, accomplir leur ministère dans la sainteté, avec élan, humilité et courage. Un tel ministère ainsi rempli sera pour eux un moyen idéal de sanctification. Élus à la plénitude du sacerdoce, ils reçoivent une grâce sacramentelle qui leur permet d’exercer parfaitement le devoir de la charité pastorale par la prière, l’offrande du saint sacrifice et la prédication, par tout ce qui sollicite l’attention et requiert l’activité d’un évêque (5). Qu’ils ne craignent pas de donner leur propre vie pour les brebis et, se faisant les modèles de leur troupeau (cf. I Petr. 5, 3), qu’ils suscitent également par leur exemple, au sein de leur Eglise, une sainteté sans cesse grandissante.

A l’instar des évêques, dont ils forment la couronne spirituelle (6), et ayant part grâce au Christ, éternel et unique Médiateur, à la grâce que comporte la charge d’évêque, les prêtres doivent, par l’accomplissement quotidien de leur devoir, grandir dans l’amour de Dieu et du prochain, conserver intact le lien de la communion sacerdotale, abonder en toutes sortes de biens spirituels et donner à tous le vivant témoignage de Dieu (7); tels ces prêtres qui, au cours des siècles, dans un ministère souvent humble et obscur, ont laissé un magnifique exemple de sainteté, et dont l’Eglise de Dieu fait la louange. En s’acquittant du devoir de la prière et du saint sacrifice en faveur de leurs ouailles et pour toue le peuple de Dieu, en ayant conscience de ce qu’ils font et en imitant ce qu’ils touchent (8), loin d’être arrêtés par les soucis, les périls et les fatigues de l’apostolat, ils parviendront, au contraire, par ces moyens, à une haute sainteté, s’ils ont soin de nourrir et d’alimenter leur action aux sources inépuisables de la contemplation pour la joie de l’Eglise de Dieu tout entière. Tous les prêtres, et principalement ceux qui, d’après le titre spécial de leur ordination, sont appelés prêtres diocésains, se rappelleront combien la fidélité à leur évêque, leur généreuse coopération avec lui contribuent grandement à leur sanctification.

Cette mission et cette grâce du sacerdoce suprême, les ministres d’ordre inférieur et, en premier lieu, les diacres y participent également de façon particulière. Officiant aux mystères du Christ et de l’Eglise (9), ceux-ci doivent se maintenir purs de tout vice, plaire à Dieu et s’employer à toutes sortes de bonnes oeuvres devant les hommes (cf. I Tim. 3, 8-10 et 12-13). Les clercs, appelés par le Seigneur, mis à part pour son service et qui se préparent sous la vigilance des pasteurs, à la charge de ministres sacrés, doivent conformer leurs esprits et leurs coeurs à une élection aussi sublime. Adonnés à l’oraison, fervents dans la charité, qu’ils soient attentifs à tout ce qui est vrai, juste et de bonne renommée, agissant uniquement pour la gloire et l’honneur de Dieu. A ces clercs il faut joindre les laïcs choisis par Dieu et que l’évêque invite à s’adonner plus complètement aux oeuvres apostoliques et à travailler fructueusement dans la vigne du Seigneur (10).

Les époux et les parents chrétiens, engagés dans la voie qui leur est propre et fidèles à leur amour, doivent s’aider mutuellement dans la grâce durant toute leur vie. Les enfants, qu’ils ont généreusement acceptés de la main de Dieu, ils les élèveront dans la doctrine chrétienne et leur inculqueront le sens des vertus évangéliques. Ils offriront ainsi à tous l’exemple d’un amour inlassable et généreux, ils édifieront la communauté fraternelle de la charité et deviendront témoins et coopérateurs de la fécondité de la Mère Eglise, en signe et en participation de l’amour dont le Christ a aimé son Epouse, avec lequel il s’est livré pour elle (11). Un exemple analogue nous est encore proposé par les personnes veuves et les gens non mariés qui peuvent, eux aussi, contribuer notablement à la sainteté et à l’activité de l’Eglise. Quant à ceux qui se livrent à des travaux souvent pénibles, ils doivent par ces réalisations humaines se perfectionner, aider leurs concitoyens, améliorer les conditions sociales et celles de la création tout entière; et mieux encore, par une charité active, une joyeuse espérance, par le support mutuel des épreuves, imiter le Christ, lui dont les mains s’exercèrent aux travaux manuels et qui travaille continuellement avec le Père au salut de tous les hommes. Enfin, par leur travail de chaque jour, ils doivent s’élever à une plus haute sainteté qui fera d’eux aussi des apôtres.

Quant à ceux qui sont accablés par la pauvreté, la faiblesse, la maladie et l’adversité, ou qui souffrent persécution pour la justice, qu’ils se sachant unis de façon particulière au Christ souffrant pour le salut du monde. Le Seigneur dans son Evangile les a proclamés bienheureux et “le Dieu… de toute grâce, qui nous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ, après ces quelques souffrances, achèvera son oeuvre, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables” (I Petr. 5, 10).

Tous les fidèles donc se sanctifieront davantage chaque jour dans leur condition, dans les devoirs de leur état ou les circonstances de leur vie et par tout ce dont nous venons de parler, à condition de tout accueillir avec foi de la main du Père céleste et de coopérer avec la volonté divine en manifestant à tous, dans l’accomplissement de leur tâche temporelle, la charité dont Dieu a aimé le monde.

Voie et moyens de la sainteté

42. “Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui” (I Jn 4, 16). Or Dieu a répandu son amour dans nos coeurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné (cf. Rom. 5, 5); voilà pourquoi le don primordial et souverainement nécessaire est la charité, par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose et le prochain par amour pour lui. Mais pour que la charité, comme le bon grain, croisse et produise des fruits, chacun des fidèles doit s’ouvrir à la parole de Dieu et, avec l’aide de la grâce, accomplir effectivement la volonté divine, recevoir fréquemment les sacrements, surtout l’Eucharistie, et participer souvent aux célébrations liturgiques. Ils s’appliqueront constamment à la prière, à l’abnégation d’eux-mêmes, à servir assidûment leurs frères et à la pratique de toutes les vertus. La charité, en effet, en tant que lien de la perfection et accomplissement de la loi (cf. Col. 3. 14; Rom. 13, 10), règle, informe et conduit à leur fin tous les moyens de sanctification (12). Ainsi la charité envers Dieu et envers le prochain est-elle la marque distinctive qui caractérise le vrai disciple du Christ.

Jésus, le Fils de Dieu, a manifesté sa charité en offrant sa vie pour nous: nul donc n’a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour lui et pour ses frères (cf. I Jn 3, 16; Jn 15, 13). Dès l’origine, des chrétiens ont été appelés – et toujours certains le seront, – à rendre à la face de tous, et surtout des persécuteurs, ce suprême témoignage de l’amour. Aussi le martyre, où le disciple devient semblable au Maître, en acceptant volontiers la mort pour le salut du monde, où il lui devient conforme par l’effusion du sang, est-il estimé par l’Eglise comme une faveur du plus haut prix et la marque de la suprême charité. Et si ce privilège échoit au petit nombre, tous doivent cependant être prêts à confesser le Christ devant les hommes et à le suivre sur le chemin de la croix, dans les persécutions qui ne manquent jamais à l’Eglise.

Pareillement la sainteté de l’Eglise affectionne particulièrement les multiples conseils dont le Seigneur dans l’Evangile propose l’observance à ses disciples (13). En tête de ces conseils il faut placer le don précieux de la grâce, que le Père accorde à quelques-uns (cf. Mt. 19, 11; I Cor. 7, 7), de se consacrer à Dieu seul (14) par la virginité ou le célibat, avec un coeur plus facilement intègre (cf. I Cor. 7, 32-34). Cette parfaite continence en vue du Royaume des cieux, l’Eglise, qui en a toujours eu une très haute idée, la considère comme un signe et un stimulant de la charité et comme une source peu commune de fécondité spirituelle dans le monde.

L’Eglise se souvient aussi de l’avertissement de l’Apôtre invitant les fidèles à la charité, les exhortant à avoir en eux les mêmes sentiments qui furent en Jésus-Christ, lequel “s’est anéanti lui-même en prenant la nature d’esclave… en se faisant obéissant jusqu’à la mort (Phil. 2, 7-8), et pour nous “de riche qu’il était se fit pauvre” (II Cor. 8, 9). Cette charité et cette humilité du Christ ne peuvent en aucun moment se passer de l’imitation ou du témoignage qu’en donnent ses disciples. Notre Mère l’Eglise se réjouit donc de constater qu’en son sein beaucoup d’hommes et de femmes suivent de plus près cet anéantissement du Sauveur et le manifestent de façon plus éclatante en embrassant la pauvreté dans la liberté des fils de Dieu et en renonçant à leur propre volonté; en d’autres termes, que des chrétiens se soumettent à un homme pour l’amour de Dieu, en ce qui regarde la perfection, au-delà de l’étroite mesure du précepte, afin de se conformer davantage au Christ obéissant (15).

Tous les fidèles donc sont invités – et même tenus – à rechercher la sainteté et la perfection de leur état. A cette fin, qu’ils s’efforcent d’orienter leurs tendances dans la voie droite, de peur que l’usage des choses de ce monde et un attachement aux richesses contraire à l’esprit de la pauvreté évangélique n’entravent chez eux la poursuite de la charité parfaite. C’est ainsi en effet que l’Apôtre nous met en garde: Ceux qui usent de ce monde ne doivent pas s’y arrêter; car elle passe, la figure de ce monde (16) (Cf. I Cor. 7, 31 gr.).