Il existe aujourd’hui de nombreux couples dans une situation de seconde union, c’est-à-dire qui se sont mariés à l’Eglise, ont divorcés et se sont unis à une autre personne civilement, car ils ne peuvent se marier à l’Eglise une deuxième fois.
La meilleure orientation que l’Eglise nous offre sur la situation des couples remariés est l’Exhortation apostolique “Familiaris Consortio”, du Pape Jean Paul II, écrite après le Synode de la famille qui s’est tenu en 1980, et dans le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC, § 1652).
Par-dessus tout, l’Eglise désire et espère que, une fois séparés, les couples puissent un jour se réconcilier. Elle rappelle que la séparation physique ne dissout pas le lien du mariage et que les divorcés ne peuvent pas entrer dans une nouvelle union, sauf si le premier mariage a été déclaré nul par le Tribunal Ecclésiastique. Après un procès canonique, la Cour peut arriver à la conclusion que le mariage n’était pas valide, conformément aux règles du Code de Droit Canonique (canons 1055 à 1124). Il y a environ 20 cas qui peuvent conduire la Cour à déclarer la nullité d’un mariage ; ce sont des défauts de consentement matrimonial, les obstacles dirimants ou l’absence de forme canonique.
L’Eglise rappelle que la personne séparée – si elle n’est pas responsable de la séparation et si elle demeure dans une vie de chasteté – peut continuer à recevoir les sacrements de la Confession et de l’Eucharistie. En ce qui concerne les divorcés qui ont contracté une nouvelle union, le Pape Jean Paul II a dit, sur la base des conclusions du Synode de la famille :
« L’Eglise, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Eglise, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l’on admettait ces personnes à l’Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l’Eglise concernant l’indissolubilité du mariage. » (FC, 84).
Les couples en second union peuvent recevoir les sacrements, s’ils vivent comme frère et sœur, sans vie sexuelle, comme le Pape explique:
« La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par l’exemple l’éducation des enfants -, remplir l’obligation de la séparation, «ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux» (ibid.).
Jean-Paul II affirme aussi qu’on ne peut pas faire n’importe quel type de célébration pour une seconde union :
« De la même manière, le respect dû au sacrement de mariage, aux conjoints eux-mêmes et à leurs proches, et aussi à la communauté des fidèles, interdit à tous les pasteurs, pour quelque motif ou sous quelque prétexte que ce soit, même d’ordre pastoral, de célébrer, en faveur de divorcés qui se remarient, des cérémonies d’aucune sorte. Elles donneraient en effet l’impression d’une célébration sacramentelle de nouvelles noces valides, et induiraient donc en erreur à propos de l’indissolubilité du mariage contracté validement. » (ibid.).
En abordant cette question, le Catéchisme de l’Église Catholique enseigne ce qui suit :
§ 1651 – « Nombreux sont aujourd’hui, dans bien des pays, les catholiques qui ont recours au divorce selon les lois civiles et qui contractent civilement une nouvelle union. L’Église maintient, par fidélité à la parole de Jésus Christ (” Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à l’égard de la première ; et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère ” : Mc 10, 11-12), qu’elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le premier mariage l’était. Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent pas exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète. ».
§ 1652 – «A l’égard des chrétiens qui vivent en cette situation et qui souvent gardent la foi et désirent élever chrétiennement leurs enfants, les prêtres et toute la communauté doivent faire preuve d’une sollicitude attentive, afin qu’ils ne se considèrent pas comme séparés de l’Église, à la vie de laquelle ils peuvent et doivent participer en tant que baptisés :
On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux œuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l’esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d’implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. »
Felipe Aquino
Docteur en Physique, écrivain, théologien
http://blog.cancaonova.com/felipeaquino
Traduction : Webtvcn France
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